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Les classes internationales: Introduction: Le contexte de la mise en place d’une offre internationale publique

Les classes internationales
Introduction: Le contexte de la mise en place d’une offre internationale publique
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Notes

table of contents
  1. Book Cover
  2. Title Page
  3. Editorial
  4. Introduction: Le contexte de la mise en place d’une offre internationale publique
  5. La place de la langue française dans ce nouveau paysage scolaire du pays
  6. Le rôle du SOIE dans le déploiement des classes et des écoles internationales
  7. L’avenir de la langue française dans les écoles et classes internationales publiques
  8. Références bibliographiques

Introduction: Le contexte de la mise en place d’une offre internationale publique

1Le Grand-Duché de Luxembourg a trois langues officielles, le français, l’allemand, et le luxembourgeois. Cette originalité a largement façonné le système éducatif national, qui a adapté son curriculum afin d’en assurer une maîtrise aussi complète que possible. Une quatrième langue, majoritairement l’anglais, est souvent choisie par les élèves durant leur scolarité secondaire.

2L’offre proposée fonctionne bien avec des enfants qui ont une langue dominante parmi les trois langues nationales et qui fréquentent le système éducatif national depuis leur plus jeune âge. Dans ce contexte, le luxembourgeois est considéré comme la langue d’intégration et de communication, le français et l’allemand, comme des langues administratives de travail et de communication. Le système judiciaire du Grand-Duché, par exemple, utilise exclusivement le français. L’anglais est considéré comme une langue de communication internationale souvent indispensable selon le cursus et la destination envisagée pour la poursuite d’études.

3Les langues officielles ne sont pas forcément abordées avec la même stratégie durant toute la scolarité. La maîtrise de l’allemand et du français, par exemple, joue un rôle essentiel dans le choix d’orientation qui s’effectue à la fin de l’école fondamentale (primaire) afin d’intégrer le secondaire général (plus axé vers les formations techniques, technologiques), les formations diplômantes professionnelles, ou le secondaire classique pour des élèves « ayant de très bonnes connaissances à la fois en mathématiques, en allemand et en français1 ».

4Différents dispositifs « passerelles » ont pour mission de gérer l’hétérogénéité de la population scolaire et offrent une certaine perméabilité entre les cursus. À cette offre publique s’ajoute une offre privée, subventionnée par l’État à condition de répondre à des critères validés au début de chaque année scolaire. Certains établissements se sont fait une spécialité d’accueillir des élèves à profils internationaux, et répondent à des critères précis en matière d’homologation (Agence pour l’enseignement français à l’étranger, International Baccalaureate Organisation, Cambridge Assessment). Deux écoles européennes intergouvernementales gérées par le Bureau du secrétaire général des écoles européennes à Bruxelles, plus particulièrement destinées à la scolarisation des enfants de fonctionnaires européens, viennent compléter le dispositif.

5Cette offre peut paraître déjà bien étoffée par rapport à celle d’autres pays. Pourtant, l’accroissement rapide de la population (environ 10 000 nouveaux habitants par an)2 lié à l’attractivité du pays a mis en relief les limites de ce système qui a dû faire face à une grande variété de nationalités issues de l’Union européenne (UE) et hors UE (Inde et Asie notamment). Les principales difficultés rencontrées sont de trois ordres :

6
  • les enfants nouveaux arrivants relèvent de toutes les classes d’âge et intègrent le système éducatif national à des moments qui ne correspondent pas, en termes de progression, à leur système d’origine, ce qui peut desservir la scolarité envisagée ;
  • les choix professionnels des parents déterminent des formes de scolarité itinérantes qui ne sont plus en phase avec le système national. La pratique exclusive d’une langue (l’anglais le plus souvent) est souvent assujettie à un temps de présence limité au Grand-Duché (deux à quatre ans) ;
  • l’offre privée n’est plus assez étoffée pour absorber cet accroissement de population scolaire, et limite son accès par le simple fait que la scolarité est le plus souvent payante.

7Présenté dans le dossier de presse du 14 juillet 20163, le projet de réforme des lycées trace les grandes lignes de ce qui va permettre d’offrir « un paysage scolaire aussi diversifié que les talents de nos élèves ». L’internationalisation du système public fait partie de ce projet de réforme qui doit permettre d’offrir un nouveau cadre à ce qui doit devenir l’école du XXIe siècle. Il faut dire à ce sujet que l’ancienne structure datait de 19684.

8L’événement qui a concrétisé cette volonté politique est sans aucun doute la création de la première école internationale publique à Differdange, qui a ouvert ses portes en septembre 20165. Cette première école à vocation internationale a pour mission la scolarisation des enfants du sud du pays en leur offrant un cadre scolaire plus adapté linguistiquement que le système national traditionnel, afin de favoriser leur réussite et leur intégration dans notre société. Cette école a eu un succès immédiat qui a rapidement obligé l’équipe en place à proposer un accueil multisite à Differdange et Esch-sur-Alzette. Elle est depuis en constant développement, tant pédagogique qu’infrastructurel.

9Cette nouveauté dans le paysage scolaire luxembourgeois inaugure d’autres approches :

10
  • la pédagogie et la didactique s’appuient sur le programme européen dans un cadre spécifique permettant d’agréer des écoles de pays membres de pays de l’UE qui en feraient la demande6 ;
  • la politique des langues est clairement définie à travers deux axes majeurs: la notion de langue dominante et le multilinguisme;
  • la langue dominante7 des élèves sert de base au développement de compétences dans toutes les autres langues qui figurent à leur programme. La recherche et l’expérience courante montrent que l’amélioration continue des compétences dans la langue dominante est propice à l’apprentissage d’autres langues et renforce les progrès scolaires dans d’autres matières. « La connaissance conceptuelle acquise dans une langue contribue à rendre les informations reçues dans l’autre langue compréhensibles » (Cummins, 2000, p. 39) ;
  • la compétence linguistique « doit être développée non seulement pour des raisons utilitaires ou professionnelles, mais aussi pour l’éducation au respect des langues des autres et de la diversité linguistique » (Conseil de l’Europe, 2007, p. 7). Le système des écoles européennes constitue ainsi un environnement multilingue. Les élèves des écoles européennes devraient acquérir le « répertoire linguistique » (ibid.) qui est recommandé à tout citoyen européen à la fin de ses études secondaires ;
  • la qualité et l’homogénéité de l’enseignement d’une école à l’autre font l’objet d’audits réguliers des équipes d’encadrement, pédagogique, et du fonctionnement général de l’école. Ces audits sont organisés par Bruxelles et participent du bon fonctionnement des écoles. L’agrément de l’école peut être remis en question en cas de non-conformité avec les principes fondateurs des écoles européennes et les directives approuvées par les États membres.

11Cette première expérience positive a entraîné un élargissement de l’offre publique dans laquelle l’enseignement de la langue française occupe une place de premier plan.

Fußnoten

[1]

3Voir https://men.public.lu/fr/themes-transversaux/scolarisation-eleves-etrangers/enseignement-secondaire.html.

[2]

5Données Statec.

[3]

7Voir https://men.public.lu/fr/publications/dossiers-presse/2015-2016/reforme-lycee-2016.html.

[4]

7https://men.public.lu/fr/actualites/communiques-conference-presse/2016/07/13-reforme-lycee.html.

[5]

8http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/loi/2016/02/26/n1/jo.

[6]

10Voir www.eursc.eu/fr/Accredited-European-Schools/official-documentset document 2019-01-D-35-fr-2.

[7]

10Le terme « langue dominante » désigne la langue dans laquelle un enfant bilingue ou multilingue possède le plus haut niveau de compétence, en particulier dans les domaines d’utilisation de la langue liés à l’éducation, et qu’il utilise le plus souvent (ou qu’il est susceptible d’utiliser le plus souvent) avec des interlocuteurs importants (par exemple ses parents, ses frères et sœurs, les personnes qui s’occupent de lui, ses bons amis ou les enseignants).

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