Laisser libre cours !
1Depuis la fin du XXe siècle, afin de permettre la réussite et l’épanouissement de la majorité des élèves dans leur forte diversité au niveau de leur parcours tant scolaire que personnel, le système scolaire luxembourgeois, par essence multilingue, met au défi l’enseignement secondaire en particulier dans sa finalité certificative1. La massification du secondaire (Reiff, 2012) ainsi que les nombreuses réformes qui se sont succédé, ne serait-ce que depuis la loi de 2004 portant sur l’organisation des lycées, ont suscité de nombreuses actualisations curriculaires, avec des incidences répétées sur les programmes et outils didactiques.
2L’école, tout comme la ou les langue(s) d’un pays, est un sujet sur lequel la plupart des gens se sentent légitimes de débattre. Il y a une « naturalité du discours » sur la langue (Chiss, 2007), qui nécessite ainsi apparemment moins l’autorité de spécialistes, en l’occurrence celle d’un·e enseignant·e de langue. Cette même « naturalité » d’ailleurs se retrouve dans le discours sur le système scolaire. Or l’école, dans son organisation, se définit fondamentalement comme une construction sociétale et politique.
Fußnoten
1L’enseignement secondaire public au Luxembourg offre des programmes nationaux et internationaux (par exemple École européenne, baccalauréat international). Dans les programmes nationaux, un cycle complet comprend sept années. Deux voies sont offertes – l’enseignement secondaire classique (ESC) et l’enseignement secondaire général (ESG). Sanctionnée chacune par un diplôme de fin d’études secondaires, les deux voies diffèrent au niveau des sections et curricula proposés, notamment en ce qui concerne l’enseignement des langues. Historiquement, l’ESC, dans une orientation plus académique, prépare avant tout aux études universitaires, tandis que l’ESG, anciennement secondaire technique, donne accès aux études supérieures mais aussi à la formation professionnelle.